Combien de data centers en France ?
Longtemps restée dans l'ombre des géants américains, la France s'affirme désormais comme un acteur de premier rang de l'hébergement informatique en Europe. Entre les enjeux de souveraineté et de transition écologique, le secteur des data centers en France vit une profonde mutation. Voici combien de data centers sont présents sur le territoire français et comment cette industrie évolue pour soutenir notre économie numérique.
Combien la France compte-t-elle de data centers ?
En 2025, la France s'est hissée à la troisième place européenne en nombre de data centers, juste derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne. Le pays compte 321 centres de données en novembre 2025. À l’échelle mondiale, la France occupe la cinquième place derrière les États-Unis (4 165 data centers), le Royaume-Uni (499), l’Allemagne (487) et la Chine (381)
L'évolution est spectaculaire sur l'hexagone. Fin 2024, la capacité installée atteignait 714 mégawatts, soit une progression de 40 % en un an seulement. Et ce n'est qu'un début. Les prévisions de France Datacenter annoncent une puissance de 4,3 gigawatts d’ici 2035.
Cette croissance s'appuie sur des investissements massifs. Entre 2025 et 2030, pas moins de 16 milliards d'euros seront injectés dans le secteur. Ces investissements visent à financer la construction de nouveaux bâtiments, mais aussi l'achat de serveurs et le développement de logiciels de pointe. Au-delà des investissements en matériel, les data centers sont un véritable moteur pour l'emploi dans le pays. La filière a déjà permis de créer plus de 48 000 emplois (dont 30 000 directs).
La course aux emplacements les plus stratégiques
Tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. À l’heure actuelle, l'Île-de-France domine le marché français des data centers. Elle concentrait en 2024 entre 75 et 80% des installations, des chiffres qui devraient passer à 40 ou 50% d’ici 2030. Trois nouvelles régions attirent en effet les investisseurs, il s’agit des Hauts-de-France, de la Nouvelle-Aquitaine et de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Marseille (et ses environs) est également une place forte pour les data centers en France. Bouc-Bel-Air, à quelques kilomètres de Marseille, va accueillir un tout nouveau site en 2027. Ce sera le plus grand du département et le 6ème installé autour de Marseille. Quant à Google, il va ouvrir son premier data center français dans l’Indre sur plus de 195 hectares.
Comment sont choisis les emplacements pour data centers ?
Le choix d'un emplacement pour ces infrastructures n’est pas déterminé au hasard. Les opérateurs vérifient en priorité les cinq critères suivants pour l’implantation de leurs data centers en France :
● La puissance électrique disponible : la consommation énergétique des infrastructures est colossale, il est donc nécessaire de disposer d’un réseau solide et suffisamment important. La possibilité de se fournir en énergies renouvelables est également un plus pour réduire l’empreinte carbone.
● La connectivité : la proximité avec les réseaux de câbles sous-marins est indispensable pour limiter les délais de latence et répondre aux besoins des entreprises (mobilité, Internet des Objets, intelligence artificielle…).
● Le coût de construction : créer des bâtiments pour héberger les serveurs et les autres équipements informatiques coûte cher. Le coût de construction est donc un critère à ne pas négliger. La transformation de bâtiments existants est une solution pour limiter les coûts et valoriser le patrimoine.
● La sécurité : les centres de données doivent être protégés des risques naturels, mais aussi des éventuelles intrusions afin de garantir la sécurité des données des usagers et la continuité du service.
● Les conditions climatiques : pour protéger les bâtiments, mais également pour permettre le refroidissement des infrastructures, notamment grâce au free cooling (utilisation de l'air extérieur pour refroidir l'air intérieur).
Perspectives de développement des data centers
Les data centers vont continuer à se développer en France afin de répondre aux nouveaux usages numériques. D’un côté, des infrastructures vont continuer de s’implanter au plus près des utilisateurs afin de garantir des temps de réponse rapides, notamment pour les services en ligne du quotidien. De l’autre, l’essor de l’intelligence artificielle change la logique d’implantation : les serveurs dédiés à l’IA sont très énergivores, mais moins sensibles à la distance.
Cette double dynamique ouvre la voie à une répartition plus équilibrée des data centers sur le territoire français. Pour accompagner ce développement, le gouvernement français et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) ont identifié quatre sites dits "fast track". Situés à proximité du réseau à très haute tension, ils permettent des raccordements rapides et offrent une capacité électrique comprise entre 400 et 1 000 MW.
Tendance en matière d'implantation : les data centers edge en croissance
Une autre tendance forte se dessine sur la cartographie française : le Edge Computing. Cette tendance consiste à traiter des données au plus près de la source, donc au plus près des entreprises et de ses usagers. Cette proximité est essentielle pour les objets connectés (IoT) et les applications nécessitant une réponse instantanée. Plutôt que de tout envoyer dans de grands data centers à Paris par exemple, les données sont traitées localement, réduisant ainsi l'encombrement des réseaux. L’impact de ces nouveaux besoins se retrouve dans le développement de data centers edge, installés au plus près des données et donc répartis sur tout le territoire.
Une expansion qui doit prendre en compte les réglementations environnementales
La croissance annuelle exponentielle des data centers en France doit prendre en compte un défi de taille : leur empreinte carbone. Ces infrastructures sont très gourmandes en électricité pour faire tourner les serveurs et surtout, les refroidir. Mais la France dispose ici d'un atout majeur : une électricité décarbonée à plus de 92 % (selon le Bilan électrique 2023 de RTE) (8). Des efforts doivent toutefois continuer d’être faits par les acteurs du marché car le numérique est responsable de 4,4 % de l’empreinte carbone du pays et les data centers sont la deuxième source de pollution du secteur (après les équipements terminaux comme les smartphones, tablettes, ordinateurs...).
UltraEdge : des edges data centers avec un fort ancrage local
Dans ce contexte, de nouveaux acteurs comme UltraEdge misent sur la proximité et la durabilité. Nos structures de taille intermédiaire répondent à la fois aux besoins de souveraineté des entreprises françaises et aux impératifs écologiques. En s'implantant localement, nos data centers de proximité limitent l'impact environnemental tout en garantissant un service de haute performance pour le digital français. Nous disposons actuellement de 250 sites installés sur le territoire français et améliorons constamment nos processus pour réduire notre impact environnemental tout en offrant un service de qualité et sécurisé à nos usagers.
